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Le temps d’une épreuve. Homélie

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Le temps d’une épreuve.

L’hygoumène Guy (Fontaine)

C’est quand on en est privé qu’on se rend compte à quel point les offices et les prières en Eglise sont importants. Ce qu’un régime athée n’était pas parvenu à imposer durant 80 ans de bolchévisme, les décisions de nos gouvernements ont réussi à le faire : fermer toutes nos églises, privant ainsi les fidèles d’un réconfort dont ils auraient eu précisément bien besoin.

Le carême, nous l’avons vécu d’une façon bien étrange. Sans les offices des saints dons présanctifiés, sans la force des liturgies de saint Basile, il pouvait paraître que seules restaient les règles de jeûne et de privations qui marquent la quarantaine avant Pâques. Et que dire de la Semaine Sainte et de cette nuit de Pâques où notre cœur n’arrête pas de bondir quand nous clamons « Christ est resuscité » !

Le temps que nous venons de vivre, le temps que nous vivons encore mettent à mal tout notre rituel, toutes nos habitudes aussi. C’est un vide, un creux. Oui, nous avons vécu ce temps en creux. Un creux qui ne demandait qu’à se remplir. Ce que nous avons fait en lisant les prières, les textes des offices ou en cherchant sur Internet des célébrations retransmises depuis des laures, des monastères, des paroisses parfois et même de notre cathédrale.

Bien sûr, ce n’est pas le même chose. Et on est privé de l’eucharistie (c’est difficile de communier sur internet). Mais, si nous ne l’avons déjà fait, c’est l’occasion de remplir ce « creux » par une oraison intime, d’intérioriser ces moments où, habituellement, nous nous laissons porter par la profondeur de nos offices. On peut vivre tout cela comme un manque, on peut le vivre aussi comme une opportunité : celle de laisser le Christ prendre la place laissée ainsi vacante par les événements sanitaires.

C’est vrai, il m’est arrivé d’aller à l’église. Un peu comme le plongeur remonte à la surface pour prendre une goulée d’air. Mais l’église était froide, vide, toujours parée du tissu noir de ses lutrins pour un carême que – je le disais – nous avons vécu dans le manque de ces prières et célébrations qui en font toute la richesse et l’illuminent de nécessaires solennités.

Au début du confiment, nous avons célébré une liturgie d’intercession, la liturgie du Jeudi Saint et les vêpres du Vendredi. Chaque fois, nous étions deux et toutes portes closes non par crainte des Juifs, mais pour éviter des soucis liés à l’obligation de confinement, tout en vous portant tous dans la prière.

A force de chercher dans les livres ou sur la toile de quoi vivre ces moments toujours très forts du Carême, de la Sainte Semaine, de Pâques et même de la Pentecôte, peut-être avons-nous finalement prié plus que d’habitude. Prié aussi pour des amis malades ou pour le repos de l’âme des décédés du virus. Cela nous a été donné contre notre gré, bien sûr, et nous en avons souffert, d’une souffrance parfois physique, mais nous avons aussi fait l’expérience d’une vie sans Eglise. Nous en avons ressenti le besoin et toute l’importance, nous avons aussi mesuré l’intensité que peut avoir notre prière.

Mais non, le Covit 19 n’aura pas raison de notre joie, de notre foi, de notre espérance et notre cœur bondit dans notre poitrine lorsque nous proclamons ce qui est le fondement même de notre vie de chrétien : « Christ est ressuscité » !

 

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