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Aujourd’hui, nous célébrons la Pentecôte, la descente du Saint-Esprit sur les apôtres, qui a eu lieu cinquante jours après la Résurrection du Christ. C’est pourquoi cette fête s’appelle la Pentecôte. C’est une fête très profonde, riche et d’une signification unique. Aujourd’hui, j’aimerais souligner un aspect qui me semble essentiel : la communion avec Dieu, la proximité avec Dieu.

Récemment, je suis tombé sur un livre français. C’était tout à fait par hasard, et cela n’a rien à voir avec l’orthodoxie ou la religion. À Liège, à la gare, il y a un rayon de livres en libre accès pour les voyageurs. Les gens y déposent eux-mêmes des livres, afin que chacun puisse prendre un livre ou un magazine et lire pendant son voyage. C’est comme une bibliothèque publique. J’ai récemment emprunté un recueil de trois nouvelles.

La première nouvelle était très intéressante. C’était le récit d’une femme qui a vécu la Seconde Guerre mondiale enfant. Elle raconte comment, à l’âge de cinq ans, elle fut arrachée à la France au début de la guerre et placée temporairement chez des proches en Suisse. Personne ne savait combien de temps durerait la guère : il pourrait se terminer rapidement ou s’éterniser. C’est ainsi qu’elle ne retourna chez ses parents que deux ans plus tard.

Pourquoi je raconte cela ? Ce récit décrit une expérience très personnelle : la petite fille oublia presque complètement ses parents, surtout sa mère. Les épreuves de la guerre et la séparation forcée d’avec ses parents marquèrent son enfance à jamais. À son retour, elle perdit toute affection enfantine pour sa mère. Certes, elle se souvenait de son visage, de ses traits, mais elle ne la reconnaissait plus comme sa propre mère. Et même si, avec le temps, les choses s’apaisèrent et se mirent en place, cette expérience laissa une empreinte indélébile sur sa vie. Tout le poids de l’existence humaine, toute la tragédie de l’histoire de l’humanité, réside précisément dans le fait que l’homme a oublié Dieu, a perdu le lien qui le unissait à Lui et a cessé de reconnaître en Dieu son Père.

Adam et Ève, le couple originel, furent chassés du Paradis par Dieu pour leur péché. Auparavant, ils vivaient dans un paradis magnifique, empli de plaisirs et de joies. Ils ne manquaient de rien pour une existence insouciante. Leur vie était un véritable conte de fées. Mais le plus grand bonheur, la félicité fondamentale de leur existence, résidait précisément dans leur communion avec Dieu. Au Paradis, Adam et Ève voyaient Dieu chaque jour, communiaient avec Lui et puisaient en Lui toute l’énergie, la force, la plénitude de vie et le bonheur dont ils avaient besoin. Aussi, après la Chute, furent-ils privés du Paradis et de Dieu. Dès lors, ils vécurent dans la souffrance, la maladie, le labeur éreintant, la chaleur et le froid, mais surtout, sans Dieu. C’est précisément cet abandon divin qui devint le châtiment le plus dur et le plus terrible pour toute l’humanité.

Mais si nous considérons le cours ultérieur de l’histoire humaine, nous constatons que Dieu n’a pas complètement abandonné l’humanité. Il a envoyé des prophètes, puis a révélé au peuple juif sa Révélation : la Bible et la vraie religion. Et pendant tout ce temps, Dieu semblait dire à l’himanité : « Oui, je sais et je comprends que les choses sont difficiles pour vous. Mais soyez patients encore un peu, et je vous enverrai un messager spécial, un Messie spécial, qui arrangera tout et transformera complètement vos vies : il vous ramènera au Paradis et à la communion avec Dieu.»

Toute l’humanité attendait ce Messie, cet oint, ce messager. Il est venu et a véritablement changé le monde. C’était Jésus-Christ, le Fils de Dieu. Il a rétabli le lien de l’homme avec Dieu, il a montré aux hommes le chemin du ciel, il a sauvé et transformé l’humanité. Mais il l’a fait spirituellement, non extérieurement ni matériellement, mais intérieurement, secrètement, dans l’âme humaine. « Quand on lui demande : “Où donc est le royaume des cieux ?” » Le Christ répondit : « Le Royaume des Cieux est au-dedans de vous, et celui qui s’y appuie y entrera. » (Évangile) Extérieurement, avec la venue du Christ, le monde n’a pas changé. Le mal règne toujours, le monde est toujours plein de malheurs et de maladies, la mort hante encore l’homme, les guerres et les conflits éclatent encore. Mais le Christ nous a mis en garde précisément contre cela. Il a dit : « Je vous donne l’occasion de changer, de devenir meilleurs, de trouver Dieu. Vous avez maintenant tout ce dont vous avez besoin : la puissance de Dieu, sa grâce et mon aide. Cependant, vous devez encore persévérer un peu. Vous devez demeurer dans ce monde mauvais afin que d’autres puissent devenir chrétiens et entrer dans le Royaume des Cieux. Je sais que dans le monde vous serez affligés, Je sais que ce sera difficile et pénible pour vous. Mais ayez courage. Je vous enverrai un autre Consolateur, un autre Oint, l’Esprit de vérité, qui procède du Père. Il me remplacera. Il vous expliquera tout et vous enseignera tout. Écoutez-Le, demeurez avec Lui. »

C’est le sens central et fondamental de la fête d’aujourd’hui. Dieu a envoyé le Saint-Esprit, le Second Messie, le Second Messager, aux apôtres et à toute l’Église, et donc à nous aussi. Le Saint-Esprit, le Second Messie, le Second Messager, nous soutient et par qui nous communions à nouveau avec Dieu, car le Saint-Esprit est la troisième Personne de la Sainte Trinité, le Dieu véritable.

Chaque expérience de communion avec Dieu, chaque lien avec Dieu, chaque sentiment religieux que nous éprouvons, se produit précisément dans et par la grâce du Saint-Esprit. Voyons-nous Dieu ? Non. Il est impossible à voir. Voyons-nous le Christ incarné ? Non plus. Le Christ est monté au ciel. Comment alors se réalise notre communion avec Dieu ? Par la grâce du Saint-Esprit, assurément. Lorsque nous partageons nos expériences de foi, lorsque nous voulons raconter à quelqu’un ce qui nous est arrivé quandnous sommes devenus croyants, nous disons souvent quelque chose comme cela : « Quelque chose s’est changée en moi après avoir commencé à aller à l’église ; Quelque chose d’invisible m’a touché, et je suis complètement différent, plus le même qu’avant. » Après avoir récité des prières, visité un lieu saint ou un monastère, ou vénéré une icône miraculeuse de la Mère de Dieu, il nous arrive aussi de dire : « J’ai ressenti quelque chose de spécial ; j’ai touché quelque chose d’invisible, la grâce de Dieu. » Cette grâce invisible est précisément la puissance et l’action du Saint-Esprit, qui demeure désormais en nous, nous purifie du péché, nous sauve et nous unit à Dieu.

Ainsi, en partie, peut-être pas pleinement, mais au moins d’une certaine manière, nous, comme Adam et Ève, retrouvons la communion avec Dieu, grâce au Saint-Esprit qui nous sauve et qui nous divinise. C’est pourquoi, au tout début de diverses prières, la première que nous récitons toujours est la prière au Saint-Esprit : « Roi céleste ».

Rappelons-nous encore une fois son contenu :

« Roi céleste, Consolateur, Esprit de vérité,

Tu es partout et Tu remplis toute chose,

Trésor de biens et Donateur de vie,

Viens demeurer en nous,

Et purifie-nous de toute impureté,

Et sauve nos âmes, ô Bienheureux.»

Amen.

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