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Au tout début de l’Évangile selon saint Matthieu, plus précisément des chapitres 5 à 7, figure ce que l’on appelle le «Sermon sur la montagne». On le qualifie ainsi car il commence par ces mots: «Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne; et lorsqu’il se fut assis, ses disciples s’approchèrent de lui. Puis, ouvrant la bouche, il les enseigna en disant:». Les deux chapitres qui suivent exposent ensuite la manière dont doivent vivre les gens.
Le Sermon sur la montagne débute par les «Béatitudes». Ces paroles nous sont familières, car elles sont chantées à chaque liturgie: «Heureux les pauvres… Heureux ceux qui pleurent… Heureux les doux…», etс. La profondeur de ces Béatitudes suscite l’étonnement et l’émerveillement. Pour ceux qui croient elles doivent constituer une véritable loi et une règle de vie.
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Le premier commandement s’énonce ainsi: «Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux.» Ce commandement nous enseigne l’humilité. L’humilité ne signifie nullement lâcheté ou faiblesse; elle est la prise de conscience réelle que, sans Dieu, nous ne sommes rien. Dieu est la source de toute sagesse, de toute force et de tout bien, tandis que nous sommes, nous-mêmes, spirituellement pauvres et démunis. Une telle personne place toujours son espérance en Dieu et reçoit son aide. «La puissance de Dieu s’accomplit dans la faiblesse humaine» dit une proverbe orthodoxe.
L’humilité s’oppose à l’orgueil et à l’exaltation de soi. L’homme orgueilleux se place toujours au premier plan, n’écoute personne, s’estime seul détenteur de la vérité et exige que tous l’écoutent et lui obéissent. En conséquence, un tel homme finit par se révolter contre Dieu lui-même.
Le deuxième commandement est: «Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.» Il est ici question des pleurs et de la tristesse causés par nos propres imperfections. Ceux qui sont éloignés de la foi en Dieu adoptent une attitude bien différente: ils s’efforcent par tous les moyens de convaincre leur entourage, ainsi qu’eux-mêmes, qu’ils sont des êtres exceptionnels, voire des génies, qu’ils n’ont aucun motif de tristesse et qu’ils sont pleins de joie et d’allégresse. À l’inverse, les grands ascètes chrétiens pleuraient sur leurs péchés et demandaient même au Seigneur le don des larmes. Celui qui pleure ses péchés ici-bas connaîtra, plus tard, la joie auprès de Dieu dans les Cieux.
Le troisième commandement s’énonce ainsi: «Heureux les doux, car ils hériteront de la terre.» Ce commandement fait écho au premier «Heureux les pauvres en esprit», tout en mettant en lumière une autre facette de la conduite chrétienne. Il ne suffit pas d’être humble et exempt d’orgueil; il faut aussi faire preuve de douceur. L’homme doux est celui avec qui il est aisé de s’entendre: il ne cherche pas la dispute pour le plaisir de contredire, ne juge pas autrui, se montre attentif et compréhensif envers son prochain, sait écouter des gens, évite les aspérités du caractère, et ne cherche pas à se mettre en avant. C’est agréable et facile de vivre avec une telle personne. Par conséquent, une place lui sera toujours réservée, aussi bien ici-bas que là-haut, dans les Cieux.
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Nous n’avons abordé que les trois premiers commandements. Si l’on jette un regard d’ensemble sur les Béatitudes, qu’est-ce qui frappe immédiatement? C’est l’opposé exact, le reflet inversé de ce qui nous entoure dans la vie quotidienne. Ceux qui ne croient pas en Dieu et ne vivent pas selon les commandements de Dieu sont presque toujours orgueilleux, imbus d’eux-mêmes; ils aiment se donner de l’importance, se hausser au-dessus des autres, mettre en avant leur propre «moi», faire du bruit et chercher constamment à attirer l’attention. En même temps, leur comportement est difficile; c’est malaisé de vivre avec eux, car ils se croient «à part», voire «géniaux», avec leurs opinions et leurs visions de la vie.
Le Christ, Lui, nous offre une tout autre image: l’humilité, la douceur, la simplicité, la discrétion, ainsi que le port humble et sage de la croix de notre vie. Voilà notre boussole, voilà nos commandements.
Que le Seigneur Dieu nous y aide tous. Amen.