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Nous avons déjà évoqué le fait que, pour nous chrétiens, l’Évangile est le livre le plus fondamental et le plus important. C’est un livre qui décrit la vie de notre Seigneur Jésus-Christ, le Fils de Dieu. Mais ce n’est pas toujours facile à lire l’Évangile. Pourquoi ? Non seulement parce qu’il a été écrit il y a deux mille ans, mais aussi parce qu’il a été composé dans le contexte de l’histoire sacrée et nationale du peuple juif. Il décrit de nombreuses règles religieuses, coutumes et traditions de l’Ancien Testament. L’Évangile est imprégné de l’atmosphère et de la mentalité juives spécifiques de cette époque, qui nous sont étrangères et souvent difficiles à comprendre.
Pourtant, l’Évangile est la parole de Dieu, qui « pénètre jusqu’à la moelle de nos os ». Je tire un exemple de la vie quotidienne ? Un père ou une mère adresse une parole, une remarque, à son enfant, et si cette parole est prononcée avec conviction, si elle vient du cœur, elle restera gravée dans la mémoire de l’enfant pour toujours, jusqu’à la fin de ses jours. Et souvent plus tard, quand il deviendra grand il dira : « Une fois ma mère m’a dit… » ou « Mon père m’a dit un jour… » C’est normal et naturel, car il s’agit des paroles de nos parents, ceux qui nous ont donné la vie, nous ont élevés et ont pris soin de nous. Il en va de même avec la parole de Dieu. Dieu est notre Père céleste. Il arrive souvent qu’une personne entende soudain une phrase des Évangiles qui lui apparaît comme une évidence : « Voilà donc exactement ce que je cherchais, voilà la réponse dont j’avais besoin ! » Ou bien, par simple curiosité, un homme prend l’Évangile pour le lire, et soudain une phrase la frappe comme un éclair, l’empêchant de détacher son regard du texte, l’empêchant d’oublier cette phrase, la méditant sans cesse. Pourquoi ? Parce qu’il s’agit de la parole de notre Père céleste, la parole de Dieu, qui nous a tous donné la vie et qui prend soin de nous. Ainsi, outre les faits et réalités historiques évoqués au début, que nous ne comprenons pas pleinement, l’Évangile contient aussi une dimension éternelle et immuable, qui résonne de la même manière à travers les âges. Il s’agit de l’enseignement de l’Évangile sur la manière dont les gens doivent vivre : ce sont les commandements de l’Évangile.
L’homme a été créé par Dieu. Pour une comparaison approximative, mais juste, on peut comparer l’homme à un robot. Oui, pour Dieu, nous sommes des robots. Dieu nous a créés, façonnés. De même que l’homme peut aujourd’hui créer diverses machines et robots. J’utilise ici cette comparaison, pour souligner l’importance des commandements de Dieu pour nous. Lorsqu’on crée une machine, on lui attribue des règles de fonctionnement précises : elle doit démarrer ainsi, fonctionner ainsi, être lubrifiée avec de l’huile, ne pas être immergée dans l’eau, être préchauffée avant de démarrer, etc. Dès que ces règles ne sont pas respectées, la machine tombe en panne. Elle ne fonctionne plus. Il en va de même pour l’homme. Nous oublions qu’il existe aussi des règles pour nous, sans lesquelles nous ne pouvons vivre normalement. Ces règles sont la loi de l’Évangile, les commandements de l’Évangile. On ne comprend pas, ou on oublie, que si l’on ne vit pas selon ces règles, on s’effondre. À l’inverse, en les respectant, on mène une vie pleine et heureuse. Tout le 17ème cathisme, c’est-à-dire l’immense psaume 118, en parle : « Ta loi m’est plus importante que l’or et les pierres précieuses. »
Il y a quatre Évangiles, écrits par quatre évangélistes : Matthieu, Marc, Luc et Jean. Ils parlent tous de la même chose, mais chacun y apporte sa propre dimension. Aujourd’hui, nous aborderons le premier enseignement de l’Évangile, la première règle de la vie humaine. Il s’agit du début du Sermon sur la montagne : « Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux.»C’est une phrase profonde et importante, mais aussi quelque peu déroutante. Que signifie être pauvre en esprit ? Cela signifie l’humilité. Être pauvre en esprit ne signifie pas être culturellement pauvre ou mener une vie spirituellement dénuée. Être pauvre en esprit, c’est comprendre sa pauvreté spirituelle, sa totale dépendance à Dieu, et n’avoir aucune raison d’être fier ou de se vanter. C’est la simplicité, l’humilité, la conscience de sa dépendance envers Dieu.
À titre de comparaison, considérons ce que le monde déchu et séculier nous conseille souvent : « L’homme c’est la perfection ! C’est bien d’être perfectionniste ! », « Ne vous pliez pas aux caprices du monde, laissez-le se plier à vous ! », « Je suis fort, je suis intelligent, je peux tout faire !», etc. C’est tout le contraire de l’Évangile. La conscience de notre dépendance envers Dieu, de notre faiblesse et de notre besoin de Sa force est précisément ce qui nous rend forts, riches et héritiers de la vie éternelle du Royaume des Cieux. Une fois un évêque chrétien a dit : « Rien n’élève plus l’homme que de s’agenouiller devant Dieu.» C’est une belle expression qui illustre ce que signifie être « pauvre en esprit ». Amen.