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L’Évangile est le fondement de notre vie chrétienne. Toute la profondeur et la plénitude de la doctrine chrétienne y sont exposées. Il nous semble parfois que le christianisme ou l’orthodoxie, avec tous ses enseignements et ses traditions, est assez complexe et qu’il est impossible de tout saisir. Dans une certaine mesure, c’est vrai. Il existe des séminaires spirituels, des instituts et même des académies de théologie où l’on étudie diverses disciplines théologiques – études bibliques, histoire de l’Église, théologie dogmatique, liturgie, et bien d’autres – pendant de très nombreuses années. Combien de fois entendons-nous dire: «Quel prêtre intelligent et instruit ! Il a fait ses études dans un séminaire spirituel, et le niveau d’enseignement y est très élevé.»
Mais en réalité, tout ce qui concerne la foi en Dieu et le christianisme lui-même commence et finit dans l’Évangile. Quelqu’un a même comparé, à juste titre, l’Évangile à un grand fleuve, d’où jaillissent diverses sources et dans lequel elles retournent.
Et c’est bien vrai. L’Évangile relate la vie et les enseignements de Jésus-Christ, le Fils de Dieu. Il est la Parole de Dieu. Et en tant que la Parole de Dieu, il est universel. D’une part, il est simple, compréhensible, clair et accessible; il ne comporte aucune complexité, à l’exception peut-être de quelques traditions historiques datant de l’époque du Christ, il y a deux mille ans. Mais on s’y habitue assez vite.
D’autre part, outre sa simplicité et son accessibilité, les personnes cultivées ou à l’esprit philosophique trouveront toujours dans l’Évangile des pensées et des réflexions profondes. On ne cesse d’être émerveillé de voir comment simplicité et profondeur coexistent dans le texte évangélique. Et ce n’est pas un hasard. Car il est véritablement la Parole de Dieu, adressée à tous les hommes. Notre tâche est de connaître le texte de l’Évangile, de le lire souvent, de nous familiariser avec lui, de le mettre en pratique et de le citer à chaque instant de notre vie. On entend souvent dire: «Regardez comment les protestants sont brillants, ils connaissent si bien la Bible et la lisent si souvent!» Rien ne nous empêche, nous les chrétiens orthodoxes, de bien connaître la Bible. Cependant, pour nous, il s’agit davantage ici d’une démarche personnelle et d’un cheminement spirituel intime que d’une obligation ecclésiastique, car dans l’Église orthodoxe, une grande partie du temps est consacrée au culte, à la prière et aux sacrements.
D’ailleurs, souvenons-nous que saint Séraphin de Sarov connaissait parfaitement la Bible et conseillait à tous les chrétiens orthodoxes de la lire afin de laisser leur esprit s’imprégner des Saintes Écritures. Il s’était même fixé une règle personnelle: lorsqu’il vivait dans la forêt, en pleine solitude, il lisait chaque jour un Évangile en entier (il y en a quatre au total).
Que signifie le mot «Évangile»? Essentiellement, il s’agit d’un bref récit de la vie de Jésus-Christ, divisé en chapitres. Le terme lui-même signifie «bonne nouvelle», ou ce que nous appellerions aujourd’hui une «merveilleuse nouvelle». De quelle nouvelle s’agit-il? Dieu est descendu sur terre et a changé la vie des hommes, en les sauvant du mal, du malheur et du chagrin, et en leur accordant la béatitude éternelle auprès de Lui.
C’est le début du Nouveau Testament dans la Bible. Il existe quatre Évangiles, chacun écrit par un auteur différent: les évangélistes et les apôtres. Chacun d’aux décrit les enseignements et la vie du Christ d’une manière légèrement différente.
Le premier Évangile a été écrit par l’apôtre Matthieu. Sa particularité réside dans sa structure bien pensée, où chaque élément est à sa place et parfaitement organisé, à l’image d’un bon comptable: d’abord la généalogie et les événements de la naissance du Christ, puis le service de Jean-Baptiste, ensuite l’enseignement du Christ, puis ses miracles du Christ, puis Ses paraboles, et enfin Sa souffrance et Sa résurrection. Ce n’est pas un hasard si, avant de suivre le Christ, Matthieu était collecteur d’impôts, un homme habitué aux calculs et à l’ordre.
Le deuxième Évangile est celui de Marc, disciple de l’apôtre Pierre. C’est le plus court, mais aussi le plus proche du Christ. Dans cet Évangile, nous voyons le Christ à travers le regard de son disciple le plus proche, l’apôtre Pierre: nous y trouvons une simplicité d’expression, des affirmations directes et sans ambiguïté, et parfois même une pointe de franchise et de fermeté masculines – tout ce qui caractérise un groupe d’hommes: direct, concret, simple et clair.
Le troisième Évangile est celui de Luc. Homme instruit, historien et médecin, il maîtrisait plusieurs langues étrangères. Il était très proche de Marie, la Mère du Christ, Qui lui a relaté les événements dont Elle seule, en tant que Mère du Christ, pouvait être témoin. De plus, Luc décrit tout les événements chronologiquement, à la manière d’un historien et d’un chroniqueur consciencieux.
À la lecture de ces trois Évangiles, on remarque qu’ils se répètent souvent, ce qui n’est pas surprenant, puisqu’ils traitent du même sujet. C’est pourquoi, en théologie, on les appelle «synoptiques» (du mot «synopsis», qui signifie un accord).
Enfin, il existe le quatrième Évangile, particulier, écrit par le disciple bien-aimé du Christ, l’apôtre Jean le Théologien. Il l’a écrit en dernier et, pour éviter les répétitions, il a composé un texte dans lequel il a relaté les longs discours du Christ, Ses enseignements profonds et Ses conversations. Il est unique, contrairement aux autres Évangiles.
Dans chacun d’eux, nous trouverons une description de la vie, des miracles et des enseignements du Christ. Nous les aborderons progressivement, chaque dimanche.